Saturday, March 13, 2010

Parlons des troubles alimentaires

Les désordres alimentaires sont des habitudes autodestructrices. La manière de manger devient de plus en plus le centre de la pensée et de la vie de la personne souffrante.

Ainsi, plus la personne progresse activement dans la sévérité de son trouble alimentaire, plus elle devient « restrictive » et/ou « impulsive » dans sa consommation de nourriture et dans son comportement lors des exercices. De ce fait, son état émotionnel général est négativement affecté de plus en plus.

Le contrôle du poids associé à un trouble alimentaire actif est caractérisé par des degrés variables de restriction et de désinhibition/compulsion, et à des buts de perte de poids extrêmes. Différentes combinaisons de modèles d’anorexie et de boulimie sont possibles.

Lorsque les personnes se rétablissent de troubles alimentaires, elles deviennent plus flexibles et modérées dans leurs intentions face à la consommation de la nourriture et dans leur comportement. Le patient rétabli reste, cependant, plus concerné par son poids et plus restrictif dans l’acte de manger comparativement à la personne ne souffrant pas du trouble alimentaire. Cependant, il y a une augmentation significative du degré de modération et de l’intégration du changement de comportement.

Lors du rétablissement, les changements de poids et d’attitude face à la nourriture sont également en corrélation avec des changements significatifs de l’humeur, de la satisfaction de la vie, de l’estime corporelle et de la façon de faire face aux aléas du quotidien.

Un fait étonnant concernant la personne souffrant d’un trouble alimentaire est qu’elle poursuit sa série d’actions en sachant qu’elle vivra des conséquences négatives mais reste ancrée dans son désordre, comme dans une dépendance. C’est pourquoi on ne peut pas traiter un trouble alimentaire en prescrivant une diète, ou même, par l’hospitalisation, sans prendre en considération et agir sur l’ironie essentielle du problème. On aide quelqu’un à gagner la conscience de soi et à faire face aux problèmes émotionnels. Ainsi, le patient trouvera sa propre motivation pour changer.

Comme Bruch et, plus tard, Garner et Garfinkle précisent, il y a une importante causalité dans le maintien du désordre qui procure un sentiment d’inefficacité, voire de défaite, allant même au désespoir. La personne utilise des moyens désespérés pour s’organiser au service d’un but, même si ce dernier procure de très négatifs effets secondaires. À moins que la personne puisse surmonter les sentiments négatifs généraux par rapport à elle-même, elle ne sera pas capable de se motiver pour se rétablir de son trouble alimentaire. Le but du rétablissement doit devenir plus fort que l’attirance envers l’habitude négative du désordre.

Lorsque la motivation de rétablissement croît et que le changement du processus se met en place, la restriction et l’impulsivité des pensées et comportements face à la nourriture se normalisent.

Finalement, c’est important de se rappeler que se rétablir d’un trouble alimentaire est un processus à long terme. Le rétablissement devrait être mesuré en terme de plusieurs années.

Stephen Stotland, Ph.D.

Comprendre les étapes de contrôle du poids

Les étapes de contrôle du poids définissent le processus de changement comportemental comme étant continu et discontinu. En d’autres termes, les changements surviennent à chaque étape mais aussi, entre les étapes.

Par exemple, pendant l’étape de contemplation, la personne va graduellement devenir plus convaincue de ses intentions et plus prête à mettre en application son plan d’action en voyant davantage les raisons de faire des efforts plutôt que de ne pas en faire.

Pendant l’analyse du pour et du contre et des probabilités de succès du changement de comportement, la personne deviendra confiante à faire le changement, la décision sera fermement prise et il en résultera un plan d’exécution. C’est le moment où la personne passera de l’étape de contemplation à celle de l’action.

Au début du stade de l’action, il y a une longue période d’apprentissage pendant laquelle la personne acquerra les aptitudes et les connaissances – évidemment, il y a différents types de comportements à changer (comme pour devenir médecin ou architecte) où le stade action/apprentissage est très long ; nous pouvons dire la même chose en « se rétablissant de l’obésité » (autrement connu sous l’expression « gestion du poids »).

Au début du “stade novice”, la personne bénéficie d’une structure claire et de feedback. Comme les nouvelles habitudes alimentaires et sportives sont établies, il en résulte la possibilité d’atteindre le poids désiré et la constatation des changements du corps. La structure peut être modifiée, laissant plus de flexibilité au stade intermédiaire.

Après 3-6 mois de constance au niveau de la consommation de nourriture et de la rigueur dans les exercices, l’individu devrait avoir atteint « l’étape intermédiaire » qui stabilise les habitudes et procure une flexibilité adéquate. À ce stade, la personne est assez confiante dans le contrôle de son poids et n’est pas perturbée par les variations situationnelles du comportement. Ainsi, si la personne mange plus ou moins d’aliments « nutritifs » lors de certaines occasions, il y aura toujours un degré de modération ce qui, en conséquence, remplacera la peur, la frustration ou la culpabilité en satisfaction, en résilience et en confiance.

Éventuellement, avec suffisamment de pratique et d’expérience, une personne peut atteindre « l’étape de maîtrise » où les nouvelles habitudes deviennent entièrement automatiques et sont, en quelque sorte, une seconde nature. Dans ce stade, il y a encore place à l’amélioration pour atteindre le « stade expert ». Dans ce dernier, la personne peut développer de nouvelles idées et peut aussi enseigner aux autres. Ainsi, l’expert en contrôle du poids est arrivé à maîtriser son propre poids et peut aider les autres à faire la même chose. Plusieurs experts en contrôle du poids ont surmonté d’abord leurs propres problèmes.

Les étapes de contrôle du poids incluent l’étape de non motivation, l’étape de contemplation, l’étape de l’individu concerné mais désengagé et les étapes novice, intermédiaire, maître et expert.

Le traitement requiert une connaissance et une compréhension des étapes. Différentes stratégies sont appropriées pour les différents stades, mais ce qui est nécessaire, c’est le regard sur le degré de progression de l’individu dans son propre apprentissage.

Si le but du traitement est de créer des “experts”, l’approche devrait dépasser largement les diètes et les programmes d’exercices. Elle doit viser une analyse profonde de la motivation, des habiletés, des attitudes et de l’autorégulation du processus.

Évidemment, une personne ne peut pas devenir experte sans d’abord avoir été novice, intermédiaire et maître. C’est un processus, même un passionnant voyage.

Les 7 stades de contrôle du poids sont un guide pour le développement individuel.

Pour en savoir plus au sujet de ma recherche sur les 7 étapes, visitez notre page virtuelle:         Resultats de Sondage

Stephen Stotland, Ph.D.

Le poids du monde

Nous devrions apprendre à « transporter notre propre poids », disent-ils. Ceci signifie de prendre la responsabilité de soi-même et ne pas envisager de devenir un fardeau que les autres transportent. Certaines personnes en ont plus lourd à porter puisqu’elles ont eu la malchance d’être issues de circonstances familiales difficiles, d’environnements nuisibles et n’ont eu que peu d’opportunités pour l’éducation ou la croissance personnelle. Parmi ces êtres, certains d’entre eux ayant vécu des situations plus que désavantageuses ont émergé, ont trouvé des façons de prospérer et de devenir heureux – nous disons que de tels individus font preuve de « résilience ». Ils ont découvert comment se délester du poids inutile de la vie, pour ne conserver que ce qui est essentiel et valable à leurs propres yeux.

Pourquoi sommes-nous si nombreux à sembler « courbés » par nos émotions et nos problèmes, comme si nous transportions « le poids du monde » sur nos épaules ? Pourquoi ne pas simplement constater la lourdeur de ce poids, et, après ce constat, se permettre de se sentir léger et libre ? Ce n’est pas strictement une question rhétorique, mais un problème philosophique et psychologique central. Chacun de nous devrait regarder profondément à l’intérieur de lui-même, observer son âme, son passé, son présent et imaginer le futur pour donner un sens à l’existence, pour se voir clairement et finalement dire : « Je comprends pourquoi je fais ça ». C’est ainsi qu’il sera possible de lâcher prise après.

Pour nous comprendre nous-mêmes, nous dirigeons notre regard vers l’intérieur. Cependant, nous pouvons aussi apprendre à regarder de l’extérieur, se voir comme un autre pourrait le faire, comme un observateur. En ce sens, se contempler physiquement, voir son propre corps, sa propre posture, ses propres expressions faciales, ses propres mouvements. Regardez comment vous faites les choses, observez votre attitude. Pour donner un simple exemple très significatif, regardez comment vous mangez. Quelle est votre attitude à l’égard de la nourriture? Évaluez-vous la nourriture? La respectez-vous? Est-ce qui vous lui accordez l’attention qu’elle mérite? L’utilisez-vous de façon économique ou la gaspillez-vous ? La consommez-vous lentement dans un plaisir conscient ou agressivement et trop rapidement ? Regardez votre attitude à l’égard de la nourriture et de l’acte de manger comme étant le reflet de votre attitude à l’égard de vous-même, des autres et de la vie elle-même. Peut-être que c’est une idée très radicale, mais donnez-lui une chance…

Lorsque nous portons un fardeau émotif trop lourd, il va ressortir de plusieurs façons qui semblent minimes mais ultimement, d’une manière très significative à travers le quotidien – en mangeant, en dormant, en bougeant, en respirant. Le dilemme humain primordial est de devenir conscient de soi-même et de trouver le sens philosophique de notre vie. Et ce n’est pas simplement un exercice intellectuel et académique, mais la clé de la santé et du bonheur !

Stephen Stotland, Ph.D.