Monday, February 8, 2010

La guerre (théorique) des diètes

La guerre des diètes à laquelle je pense est celle qui confronte les différentes théories reliées à la gestion du poids.

Quelle est la meilleure explication associée aux changements de poids ? Quelles sont les meilleures assises pour développer des traitements efficaces enrayant les problèmes de poids ?

Avant de répondre à ces questions, laissez-moi vous présenter les meilleurs joueurs: ils sont biologiques, psychologiques et environnementaux.

L’approche biologique de l’obésité est très active. Ses adeptes déploient des efforts considérables pour comprendre et manipuler les voies du métabolisme énergétique et la composition du corps. De nouveaux médicaments traitant l’obésité arrivent sur le marché sur une base régulière.

Beaucoup de recherches psychologiques sur la régulation du poids se sont tournées vers le modèle cognitif. Ce dernier consiste à examiner les processus de la perception et les réactions aux sélections relatives à la nourriture, aux diètes et au poids. L’idée est de voir à quel degré les processus cognitifs sont influencés par une variété de situations, d’aliments, d’émotions et aussi, par l’intensité de la faim.

Par ailleurs, les recherches environnementales se concentrent sur la façon dont les dispositifs des environnements physiques et sociaux influencent la consommation de nourriture et le comportement face aux exercices et au sport. Par exemple, les recherches environnementales étudient la prévalence du surpoids et de l’obésité en se basant sur des indices au sujet des différences fondamentales de styles de vie.

Une approche théorique a été sous-estimée ces dernières années. Elle s’intéresse principalement à l’action consciente visant le but à atteindre ainsi que l’autorégulation. Comment différentes attitudes au sujet du poids, de la perte de poids, de la nourriture et des exercices influencent-elles la régulation du poids ?

Les efforts conscients déployés pour contrôler le poids sont certainement influencés par les facteurs biologiques, cognitifs et environnementaux. En d’autres termes, si une personne décide de perdre du poids, d’améliorer ses habitudes, de devenir plus en forme etc., sa biologie, sa programmation mentale et l’environnement vont autant la supporter que l’aider à atteindre son but.

C’est tout simplement le gros bon sens…!

Certaines personnes ont décidé de perdre du poids et de changer leur style de vie. Elles continuent de travailler pour y arriver, elles se mettent à l’oeuvre, elles s’exercent, réfléchissent, élaborent des stratégies et ainsi, ultimement, elles atteignent la plupart de leurs buts. Par contre, d’autres individus ne s’exerceront pas, ne seront pas persistants et n’atteindront pas leurs buts. La gestion du poids est simplement comme les autres aspects de la vie!

Une personne normale ne peut pas espérer courir comme Usain Bolt ou nager comme Michael Phelps, mais elle peut apprendre à courir et nager beaucoup plus efficacement qu’avant avec une pratique rigoureuse et une autoanalyse régulière. De plus, une personne qui est déterminée à mener un style de vie plus sain en maintenant un poids plus léger peut aussi y arriver, avec une pratique rigoureuse et une acquisition de compétences à travers un apprentissage constant sans se soucier de la biologie ou de l’environnement. Ceci signifie que de façon réaliste, nous avons la capacité d’apprendre, de changer et de nous améliorer.

Donc, y a-t-il un gagnant dans la guerre théorique des diètes? Certainement pas. Par ces approches diversifiées, nous faisons face à des perspectives très différentes ayant beaucoup à offrir. Nous pouvons utiliser ces théories pour changer les facteurs internes ou externes influençant notre façon de manger, de faire de l’exercice et ainsi, changer notre poids.

N’oublions pas, cependant, que lorsque nous étudions le « micro » (comme la chimie), il ne faut pas négliger le « macro » (comme les attitudes)…

Stephen Stotland, Ph.D.

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